4 – Marginalisation calculée, avec Martine Robitaille

4 – Marginalisation calculée, avec Martine Robitaille

Oser s'en parler
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4 - Marginalisation calculée, avec Martine Robitaille
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Résumé

Pour justifier le vol de territoire, nos ancêtres ont développé un arsenal de lois, de jugements de valeurs, et de mensonges qui présentaient les Autochtones comme des personnes fainéantes, sales, sous-développées, criminelles. Mais on ne tisse souvent pas le lien entre ces discours-là et les injustices du présent. On aborde tout cela avec Martine Robitaille, avec comme trame de fond, des passages du texte académique « la construction d’une identité négative », de l’universitaire Métis Kim Anderson.

Transcription de la narration

À travers la courte histoire de contact entre les Européens et les Autochtones (ça fait juste 400 ans), les peuples autochtones ont été réduits au silence dans l’histoire officielle, dépourvus de leur habileté à se définir. Dans les deux derniers épisodes avec Alexandre Bacon et Martine Robitaille, on a vu comment les personnes autochtones ont été - et sont encore - reléguées de facto aux marges de la société. Le plus les Autochtones ont été mis de côté, le plus invisibles ils sont devenus aux yeux de la société dominante, le plus leurs expériences et leurs combats ont été ignorés avec indifférence.

On entend que les Autochtones sont tantôt des ‘nobles sauvages’ – des personnes profondément sages et mystiques, tantôt des personnes violentes et infâmes. L’historien canadien Brendan F. R. Edwards, écrit que ces deux images paradoxales sont « si fortes et profondément ancrées dans les cultures allochtones qu’elles ont persisté virtuellement sans changement » depuis la période coloniale (2008).

Il y a quelques années, je me suis intéressée aux racines de tous ces préjugés que j’ai entendu en grandissant concernant les Autochtones. Il vient d’où le fossé? Et il se manifeste comment?

Dans le livre de la Dr. Kim Anderson qui s’appelle « A Recognition of Being: Reconstructing Native Womanhood », il y a un chapitre qui fait partie des textes les plus révélateurs que j’ai pu lire dans ma vie. Il s’appelle « The Construction of a Negative Identity » (en français, je peux traduire ça par « la construction d’une identité négative ». Dans son texte qui a maintenant 20 ans, l’auteure métis explique comment l’image des Autochtones a été construite de manière consciente par les Euro-canadiens (les allochtones). Elle démontre qu’il y a un lien clair entre l’évolution de la colonisation et la façon dont on parle des Autochtones que ce soit dans des lettres de correspondance, des articles de journaux ou des textes de loi (2000, p.100).

En fait, Kim Anderson décrit une tendance claire : à travers l’histoire, les autorités ont fabriqué et modifié l’image des Autochtones pour justifier leurs propres ambitions sur le territoire. Trois images ont été imposées aux femmes autochtones en ordre chronologique: l’image de la Reine Indienne, l’image de la Princesse Indienne, et l’image de la squaw infâme. On sait aussi aujourd’hui sans aucune trace de doute, que l’image de « squaw infâme » est au cœur de problème systémiques qui incluent la dislocation des familles autochtones, les abus sexuels, et les disparitions et meurtres de femmes autochtones sous-investigués. Quand on analyse les efforts de répression et de criminalisation des personnes autochtones par les autorités, on explique mieux leur surreprésentation dans le milieu carcéral, et la méfiance qu’ils ont envers les services publics.

J’ai envie qu’on ose s’en parler. Qu’on explore un peu plus en détail ce que Kim Anderson et plusieurs dénoncent. Une note sur la terminologie que j’utilise ici. Les termes « Indien.ne » « squaw » et « sauvage » ne sont utilisés que lorsque je réfère aux images que les non-autochtones ont attribués aux Autochtones – en fait, j’utilise les mots de Kim Anderson. Le bagage associé à ces mots peut être très douloureux pour les membres de communautés autochtones, mais l’impact de ces mots sur la société d’aujourd’hui doivent être adressés.

Au début du contact, les Européens considèrent que les Autochtones incarnent la nature idéale et non corrompue des humains avant la civilisation : Jacques Cartier (Voyages au Canada) et d’autres parlent du « bon » ou Noble Sauvage. Dans cet imaginaire, Kim Anderson explique que la femme autochtone « symbolise la richesse magnifique et la beauté que les explorateurs découvrent » sur le continent: elle est Reine, elle est exotique, forte, dangereuse et très belle.

Quand les colons s’installent, les Autochtones deviennent des partenaires importants : pour la survie, pour le commerce et pour les guerres de pouvoir entre Français et Anglais. Ils deviennent moins mystiques et plus accessibles. Kim Anderson explique que dans l’imaginaire européen, la femme autochtone devient moins forte, et comme le territoire, elle devient une « frontière vierge » qui attend soi-disant d’être conquise. Ces images persistent aujourd’hui dans des personnages comme Pocahontas ou Sacagawea, des personnages de jeunes filles autochtones innocentes mais hypersexualisées qu’on présente comme naïvement disposées à l’homme blanc dans sa quête pour, entre guillemets, « découvrir » de nouveaux territoires. Pocahontas, dans l’histoire, est d’ailleurs probablement la première de milliers de femmes et de filles autochtones enlevées ou assassinées. Il y a un balado qui s’appelle « Laissez nous raconter l’histoire crochie » explore d’ailleurs séparément les termes « Sauvage » et « Pocahontas » avec de nombreux Autochtones, pour décoloniser nos perceptions. Je recommande fortement d’écouter, je vous mets en lien comme d’habitude toutes les référence sur la page web de l’épisode! L’image érotisée de la Princesse Indienne vierge encourage l’accaparement de nouveaux territoires et vice-versa – le fait qu’on veuille s’accaparer de nouveaux territoires va encourager l’image de la Princesse vierge à conquérir.

Lorsque la Grande-Bretagne s’impose en Amérique du Nord face à la France dans les années 1760, les peuples autochtones deviennent marginaux aux nouveaux enjeux des colons, qui ambitionnent de « construire une nation », d’unifier les colonies européennes isolées et créer des institutions politiques durables. Le territoire devait être contrôlé, et donc les Autochtones qui l’habitaient devaient être soi-disant « domptés », voire même éliminés, parce que, comme on l’a vu avec Alexandre Bacon il y a deux semaines, ils résistent la colonisation, l’appropriation de leurs terres, et leurs déportations. Daniel Francis, historien et auteur canadien, écrit que les « Blancs […] ont inventé une nouvelle identité collective en tant que Canadiens [et que] l’image de l’Autre, [c’est-à-dire] les Indiens, était intégrale à ce processus d’auto-identification » (2012, p.24). On le sait, une identité collective se crée sur des points communs. Et on le voit à travers le monde, les points communs, c’est beaucoup plus simple à créer quand on désigne un « Autre », qu’on décide de répugner ensemble.

L’image de la squaw apparaît avec celle de l’Indien sauvage et violent dans des missives du gouvernement et des articles de journaux, pour justifier la conquête de ceux qu’on présente comme des « incivilisés » (Anderson, 2000, p.102; Carter, 1997, pp. 165-166). Ça a aidé à solidariser la population canadienne pour par exemple réprimer violemment les résistances par les Autochtones et les Métis qui refusaient de céder les territoires qu’ils occupaient depuis des générations pour le chemin de fer transcanadien.

On déplace les Autochtones de leurs territoires traditionnels vers des réserves minuscules dépourvues de ressources (Carter, 1997, pp. 165-166). Les hommes, mais surtout les femmes ont perdu tout moyen de production, et avec l’imposition de la propriété privée et du patriarcat, les structures traditionnelles économiques se sont effondrées. C’est pas compliqué à comprendre : les femmes autochtones, qui n’avaient plus le droit de posséder, de gouverner et de gérer ont été dépeintes de fardeaux pour la société. Quand elles se mobilisaient pour résister et protéger leurs communautés qu’elles voyaient devenir précaires et démoralisées, elles étaient accusées « d’initier des atrocités ». Lorsqu’elles étaient victimes d’agressions sexuelles par des fonctionnaires du gouvernement et des officiers de police, on le justifiait en prétendant qu’elles avaient des mœurs légères.

Le lien vers le présent, c’est que l’image de la « squaw infâme », c’est une image horrible qui n’est pas innocente : plusieurs recherches, dont celle de l’imminente historienne canadienne Sarah Carter (1997) affirment que ça a joué un important rôle dans la façon dont les femmes sont traitées par les autorités canadiennes. Ça a permis de justifier l’enlèvement des enfants autochtones vers les pensionnats entre 1880 et 1990 pour, et je cite, « tuer l’Indien dans l’enfant »; ça a permis au gouvernement d’arracher plus de 11 000 enfants autochtones entre 1950 et 1980 pour les mettre en adoption majoritairement dans des familles blanches, dont le père de Martine Robitaille. Aujourd’hui encore, on a plus d’enfants autochtones dans le système d’aide à l’enfance en ce moment qu’à n’importe quel moment de l’histoire des pensionnats, alors qu’ils ne sont pas surreprésentés dans les signalements de violence.

Kim Anderson explique que les femmes autochtones sont prises dans un paradoxe, tantôt exotisées, tantôt dégradées, déshumanisées à cause d’images qu’on leur a imposées pour les museler, et ce sont des images qu’elles intériorisent souvent. La Commission Viens (2019), mais aussi l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (2019), ont tous les deux sortis des rapports là-dessus en 2019. Ce sont des rapport qui totalisant des milliers de pages. Ils confirment que les Autochtones sont souvent considérées, inconsciemment ou non, comme moins humains dans les institutions publiques, comme les hôpitaux, les tribunaux, face à la police, etc. Ça explique le traitement qu’a subi Joyce Echaquan avant sa mort en septembre dernier. Ça explique la surreprésentation des personnes autochtones dans le système carcéral. Ça explique aussi pourquoi des milliers de femmes et filles autochtones sont assassinées et enlevées sous nos yeux. En effet, le rapport de l’Enquête nationale a trouvé que l’apathie des services de police à investiguer ces disparitions envoie un message aux prédateurs que ce genre de violence peut continuer sans conséquence (2019, vol 1a, p.714). Pour ceux qui sont intéressés, il y a un documentaire essentiel de la cinéaste métis Christine Welsh qui s’appelle « À la recherche de Dawn » qui est disponible gratuitement sur le site de l’Office national du film et Youtube, qui rend hommage au femmes diparues et qui lève le voile sur l’expérience des femmes autochtones au Canada.

Bien sûr, ces réalités sont complexes, mais on ne peut sous-estimer le pouvoir des mythes, et des préjugés qui, développés depuis la naissance de ce qu’on appelle ‘le Canada’, perdurent sans qu’on les questionne. J’ai rencontré Martine Robitaille, Anishinabée de la nation algonquine de Kitiganzibi, criminologue, professeure en éducation, universitaire, pour parler des impacts de ces images sur les vies des personnes autochtones aujourd’hui. Ensemble, on aborde la criminalisation des personnes racisées, les dynamiques du traumatisme intergénérationnel, les biais fondamentaux des structures des services sociaux, qui perpétuent l’objectif d’assimilation des derniers siècles. Mais pour commencer, on parle de ces préjugés qui persistent, et des promesses de changement qui n’aboutissent pas.

[rencontre, audio]

Dans le rapport sur l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues ou assassinées de 2019, on peut lire ceci à la page 677 du volume 1a :

« À cause de l’État canadien, les femmes, les filles et les personnes bispirituelles, lesbiennes, gaies, bisexuelles, transgenres, queer, en questionnement, intersexuelles et asexuelles autochtones ont dû quitter leurs terres ancestrales, leur territoire, leur famille et leur communauté. Elles connaissent des taux de pauvreté disproportionnellement élevés et rencontrent des obstacles insurmontables lorsqu’elles tentent de répondre à leurs besoins fondamentaux, notamment un logement sûr, de la nourriture, une éducation, un emploi, un moyen de transport. […] La marginalisation et l’exclusion réduisent la sécurité et augmentent le risque de violence. »

Plus d’un an plus tard, beaucoup dénoncent que très peu des recommandations ont été mises en place par les autorités.

[rencontre, audio]

À la fin 2017, l’honorable Murray Sinclair, Anishinabé Ojibway illustre et président de la Commission de vérité et réconciliation (CVR), a écrit un article intitulé « Nos enfants ne se lancent pas dans la vie pour échouer ».  Dans cet article, il écrit en anglais :

« Le système de protection à l'enfance, le système judiciaire pour les jeunes et le système d'éducation fonctionnent tous sur la base d'une croyance fondamentale et inhérente, à savoir qu'en tant que parents dans nos propres communautés, nous n'avons pas le droit de donner naissance, d'élever, d'éduquer, de discipliner et de protéger nos enfants contre le racisme inhérent au Canada ».

Lui et plusieurs dénoncent le système de protection à l’enfance comme la continuation des écoles résidentielles de nos jours, que l’héritage des pensionnats, c’est de dire qu’il est acceptable d’appréhender les enfants et de causer une rupture culturelle; une déconnexion avec leurs communautés. Martine finalise son doctorat sur le sujet, et ce qu’elle nous raconte est choquant, mais révélateur.

[rencontre, audio]

Ce que Martine mentionne est essentiel et les rapports de la Comission Vérité et Réconciliation le démontrent: les enfants autochtones continuent d’être enlevés massivement de leurs familles, perdant tout lien avec leur langue, leur culture et leur communauté. Dr. Cindy Blackstock, femme illustre de la nation Gitksan et directrice de la Société de soutien à l’enfance et à la famille des Premières Nations du Canada, est reconnue nationalement et internationalement comme une voix éloquente sur ce sujet. Elle nous rappelle que les enfants autochtones sont surreprésentés dans les organismes de protection de l’enfance alors qu’ils ne sont pas surreprésentés dans les « signalements d’abus sexuels, de mauvais traitements physiques, de violence émotionnelle ou psychologique et d’exposition à la violence » (Blackstock, 2008).

Alors que les provinces et territoires sont responsables de financer et offrir les services publics pour la plupart des enfants au Canada, la responsabilité des services aux enfants qui ont le statut Indien est partagée entre les gouvernements fédéral, provinciaux et des Premières Nations. Ça mène à des politiques mal définies et un constant conflit de compétences provinciales et fédérales, qui créent un système de protection de l’enfance que Cindy Blackstock nomme « à deux niveaux [;] à deux paliers » (2008).

Premier exemple : l’appui financier du ministère fédéral des Affaires indiennes et du Nord canadien (MAINC) au sein des réserve n’est souvent pas aligné avec les lois provinciales en matière de protection de l’enfance. Ça fait que les enfants autochtones ont accès à moins de financement que les autres jeunes du Canada, ce qui empêche notamment la mise en place de secteurs ou d’organismes bénévoles, comme des banques alimentaires, des programmes d’alphabétisation, des logements sociaux, des activités de loisirs, des services en violence familiale, etc. qui pourraient s’inscrire dans une vision à long terme pour soutenir les familles avec des mesures les moins perturbatrices possibles à la place de se concentrer sur le placement des enfants.

Deuxième exemple : Kinosao Sipi, est une communauté crie du nord du Manitoba aussi connue sous le nom de « Norway House ». En 2000, Jordan River Anderson est né avec une rare condition médicale qui exigeait qu’il soit hospitalisé à 800km au sud, à Winnipeg. Encore une fois, il y a eu « conflit de compétence » entre les différents paliers de gouvernements et Jordan a passé les 5 ans de sa vie à l’hôpital sans pouvoir y sortir, même si son équipe médicale avait recommandé qu’il retourne dans sa communauté avec ses parents, simplement parce que ni le gouvernement fédéral ni le gouvernement provincial ne voulait prendre la responsabilité de financer ses soins à domicile. S’il avait été un enfant non autochtone, couvert par la province, aucune question aurait été posée. Jordan est décédé à l’âge de 5 ans. Cette tragédie a mené à l’élaboration du Principe de Jordan par les Première Nations, selon lequel l’intérêt de l’enfant devrait être mis au premier plan, et la responsabilité financière des gouvernements, au second. S’il a été reconnu comme principe moral par la Chambre des communes en 2007, il est « non-contraignant », et la responsabilité de respecter le Principe de Jordan souvent, tombe ultimement sur les nations individuelles qui doivent assumer financièrement les conséquences de ces luttes bureaucratiques.

D’ailleurs, en 2019, Alanis Obomsawin a consacré son 52e film à l’histoire de Jordan. Elle documente comment le sort de Jordan, qui est celui de beaucoup d’autres, a déclenché un combat pour que les enfants autochtones bénéficient de soins de santé, de services sociaux et de services d’enseignement public qui soient   égaux à ceux du reste de la population canadienne. On peut l’écouter gratuitement sur le site de l’Office national du film, je vous mets le lien sur la page web de l’épisode.

Ces pratiques-là relatives à l’enfance autochtone, elles démontrent une négligence marquée, incrustée dans les structures opérationnelles des agences gouvernementales. Elles prennent diverses formes mais elles continuent de perpétuer le colonialisme patriarcal aujourd’hui. Dans le domaine de la santé maternelle, plusieurs femmes autochtones se voient retirer leur enfant à la naissance ou sont stérilisées sans leur consentement, sur des bases de stéréotypes et de préjugés que peuvent avoir les professionnels de la santé que les femmes autochtones se reproduisent trop, qu’elles ne peuvent prendre soin de leurs enfants seule. (Ces idées sont presqu’inconscientes tant elles sont internalisées dans notre société et dans la pratique professionnelle). Ces expériences traumatisantes liées au domaine de la santé alimentent une méfiance légitime envers le système de soins, et la perception du gouvernement en tant que menace au bien-être, alors qu’il devrait plutôt être source de protection.

Sur ce, je vous laisse à vos réflexions. Si vous voulez consulter les références qu’on a abordées aujourd’hui, retrouvez-les sur la page web de l’épisode à osersenparler.ca. N’hésitez-pas à aller chercher plus loin, il y a une foule de contenu qui existe sur ces sujets, et c’est important qu’on s’informe et qu’on en parle. Comme toujours, vous pouvez nous contacter à [email protected] ou sur les médias sociaux. Prenez soin de vous et à la semaine prochaine pour un nouvel épisode.

Références

00:20 – https://www.osersenparler.ca/podcast/

  • 2 – Lumière sur les angles morts de l’expérience « canadienne », avec Alexandre Bacon
  • 3 – Enseigner notre passé colonial, avec Martine Robitaille

01:00 – 'He Scarcely Resembles the Real Man': images of the Indian in popular culture (2008), un texte de Brendan F. R. Edwards

01:25 – Kim Anderson, A Recognition of Being: Reconstructing Native Womanhood (2000)

01:35 – Kim Anderson, “Chapter 6 - The construction of a negative identity” dans A Recognition of Being: Reconstructing Native Womanhood (2000), pp.99-115

05:15 – Laissez-nous raconteur l’histoire crochie (2020), un balado sur la plateforme Oh-dio de Radio-Canada

06:35 – Daniel Francis, The Imaginary Indian: The Image of the Indian in Canadian Culture (2012), p.24

07:25 - 08:35 – Kim Anderson, “Chapter 6 - The construction of a negative identity” dans A Recognition of Being: Reconstructing Native Womanhood (2000), p.102 // Sarah Carter, “In Sharp Relief: Representations of Aboriginal Women in the Colonial Imagination” dans Capturing Women: The Manipulation of Cultural Imagery in Canada's Prairie West (1997), pp. 165-166

08:52 – Sarah Carter (1997), Ibid.

09:00 – Rapport de la Commission de Vérité et Réconciliation (2015)

09:10 – La rafle des années 60, expliquée par l’Encyclopédie canadienne https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/sixties-scoop

09:30 – Se réconcilier signifie ne pas avoir à s’excuser deux fois : leçons tirées de l’expérience en protection de l’enfance au Canada (2008), par Cindy Blackstock

09:45 – Kim Anderson (2000), Ibid

10:00

10:50 – Rapport de l’enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (2019), vol 1a, p.714

11:05 – À la recherche de Dawn (2006), un documentaire de Christine Welsh, disponible gratuitement sur le site de l’ONF et sur Youtube 

12:40

  • En 2020, l’enquêteur correctionnel du Canada Ivan Zinger décrit une "autochtonisation" de la population carcérale. Bien qu’ils ne représentent que 5 % de la population canadienne, le nombre d’Autochtones purgeant une peine de ressort fédéral ne cesse d’augmenter depuis des décennies, surpassant la marque des 30 % en 2020, dans Rapport Annuel (2019-20) du Bureau de l’Enquêteur Correctionnel, p.23 
  • Selon des chiffres de 2013-24 sur le site du Ministère de la Justice, les autochtones adultes représentent entre près de 80% des détenus en Saskatchewan et au Manitoba – alors que l’Alberta ne fournit pas ses chiffres depuis plusieurs années

D’autres lectures :

12:55

14:30 – Pour plus d’information : Eau potable dans les communautés : le Canada en voie de manquer ses cibles (octobre 2020), Espaces Autochtones (Radio-Canada) : "À cinq mois de l'échéancier fixé par le gouvernement Trudeau pour éliminer tous les avis à long terme qui touchent des réserves, 60 avis restent en vigueur au pays."

15:50 – Rapport de la Commission de Vérité et Réconciliation (2015)

18:20 – Rapport de l’enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (2019), volume 1a, p.677

25:45 – Harold Garfinkel (mai 1949). Research Note on Inter- and Intra-Racial Homicides, dans Social Forces, volume 27, issue 4, pp. 369–381.

26:35 – Murray Sinclair, “Our children do not set out in life to fail”, Apartheid in Canada (décembre 2017)

28:20 – Le Livre Blanc, aussi appelé La politique indienne du gouvernement du Canada (Livre blanc sur la politique indienne (1969), Le Livre Blanc (1969) // Pour plus de contexte, voici un article de l’Encyclopédie canadienne 

28:45 – La rafle des années 60, expliquée par l’Encyclopédie canadienne

30:00 – Il y a plus d’enfants autochtones placés dans des familles non-autochtones que le taux d’enfants autochtones à l’apogée des pensionnats. Entretien avec l’Honorable Murray Sinclair, Child welfare system is the new residential school ‘monster’, senator says (octobre 2018)

30:20 – Loi ontarienne sur les services à l’enfance et à la famille (1990)

32:15 - Rapport de la Commission de Vérité et Réconciliation (2015)

32:40 - 35:35 – Se réconcilier signifie ne pas avoir à s’excuser deux fois : leçons tirées de l’expérience en protection de l’enfance au Canada (2008), par Cindy Blackstock

35:20 – Sans déni, délai ou interruption : veiller à ce que les enfants des Premières Nations bénéficient de services équitables par l'entremise du Principe de Jordan (2015), un rapport de l'Assemblée des Premières Nations

35:45 – Jordan River Anderson, le messager (2020), un documentaire d’Alanis Obomsawin, disponible gratuitement sur le site de l’ONF

36:30

Appréhension d’enfants autochtones à leur naissance :

Stérilisations forcées des femmes autochtones :

Santé des femmes autochtones :

Ressources suggérées par Oser s’en parler 

À propos du balado

Oser s'en parler est un balado indépendant où on essaie de déconstruire le malaise et l'inertie allochtones et élever des voix autochtones. Ça peut être extrêmement confrontant de se pencher sur les façons dont on contribue, sans le savoir, à l'oppression de ceux qui habitent sur le même territoire que nous. Mais c'est justement pour ça qu'il faut se parler sincèrement entre "Blancs/ colons/ Canadiens", procéder à des introspections personnelle et collective, et changer nos comportements. Parce que le changement dit "systémique" ne se passera que si chacun de nous s'y met.

Trames sonores de cet épisode:

Titter Snowbird, Blue Dot Sessions (www.sessions.blue)
Mosic, Blue Dot Sessions (www.sessions.blue)
Campfire Rounds, Blue Dot Sessions (www.sessions.blue)

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