7 – Le faux dilemme entre tradition et modernité, avec Sabryna Godbout et Gilbert Niquay

7 – Le faux dilemme entre tradition et modernité, avec Sabryna Godbout et Gilbert Niquay

Oser s'en parler
7 - Le faux dilemme entre tradition et modernité, avec Sabryna Godbout et Gilbert Niquay
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Résumé

Les Autochtones d’aujourd’hui ont un mode de vie moderne, tout en étant attachés à leurs traditions toujours vivantes. Avec Sabryna Godbout, Wendate, Gilbert Niquay, Atikamekw, et Catherine Desjardins, Wolastoqey, on parle des fausses idées que les allochtones ont tendance à se fait de l’ « authenticité » autochtone; on discute de la perte de repères causée par la colonisation, et des façons dont les Autochtones se réapproprient leur(s) identité(s), et continuent de façonner leurs cultures qui, loin d’être figées dans le temps, évoluent comme n’importe quelle autre.

Transcription de la narration

Au Québec, et au Canada francophone , on a des folklores uniques liés à notre histoire collective. On a nos contes, nos traditions, nos recettes de grand-mère, notre gigue. Ces traditions sont différentes selon d’où on vient, mais on y reconnaît des similitudes, des points d’attache, des dynamiques communes. Et d’ailleurs, on ne se limite pas à nos traditions pour se définir collectivement. Quand on se fait réduire à l’image du coureur des bois de la Nouvelle-France, à un « gentlemen trappeur », ou à un bûcheron habitant dans des cabanes en rondins, ça nous dérange. C’est vrai!

En général, les stéréotypes, ce sont des images exagérées et de généralisation qu’on entretient pour catégoriser le monde – donc évidemment, ce ne sont pas des images nuancées de la réalité. Mais surtout, ça nous dérange parce que ces images nous figent dans le passé, elles nous présentent comme moins développés donc moins légitimes, et souvent on ne s’y reconnaît pas du tout, tout simplement.

Alors pourquoi faisons-nous la même chose avec d’autres?

L’identité, ça a été un thème récurrent dans nos épisodes. On a parlé des images contradictoires des autochtones qui existent dans notre société et qu’on entretient dans des conversations, dans les médias, en politique, etc. D’un côté, on perçoit les personnes autochtones comme sages, exotiques, qui vivent en harmonie parfaite avec la nature. D’un autre côté, on dénigre les Autochtones comme étant des personnes méprisables, violentes, alcooliques, vulgaires. Et entre les deux il y a toutes les variantes qui coexistent et renforcent des idées préconçues, et au milieu de tout ça, il y a cette idée bien répandue et ancrée qu’une personne autochtone entre-guillemets « authentique » est celle qui vit comme ses ancêtres d’il y a 400 ans.

Mais comme l’écrit avec brillance l’auteure innue Naomi Fontaine dans son roman « Shuni » : « Cette modernité, que les Lumières se sont appropriée, mais qui existe, de manières différentes, dans chacune des sociétés, appartient au monde entier » (2019, p.60).

C’est un sujet qui est arrivé naturellement lors de ma rencontre avec Sabryna Godbout, Wendate de Wendake, chargée de projet en langues et cultures à l’Institut de développement durable des Premières Nations du Québec et du Labrador (IDDPNQL). On parlait de culture, d’identité, de transmission culturelle, d’amour propre, de résilience – et le faux paradoxe entre tradition et modernité est apparu comme un des obstacles à la rencontre entre allochtones et autochtones. Ce faux paradoxe peut aussi produire des points de friction entre membres des communautés autochtones.

Au Québec et au Canada francophone, on parle beaucoup de combats identitaires, de l’importance du sentiment d’appartenance et de la transmission culturelle pour la santé et le bien-être de nos communautés. Ces conversations-là qui sont essentielles, et qui m’habitent et me passionnent depuis mon adolescence, ont pourtant tendance à ignorer les luttes identitaires et la résilience culturelle d’autres groupes minoritaires, souvent encore plus marginalisés que nous.

[Rencontre avec Sabryna, audio]

Il y a quelques semaines, Catherine Desjardins, membre de la nation Wolastoqiyik Wahsipekuk, et ambassadrice de l’organisme Mikana, a offert un beau cours 101 rapide et efficace sur les médias sociaux de Mikana justement. Pendant longtemps, on a connu la nation Wolastoqiyik Wahsipekuk sous le nom de « Malécite », un mot qui leur a été imposé et qui ne les représentait pas. En 2019, il se sont réapproprié leur nom.

[Rencontre avec Catherine, audio]

On en revient finalement au fait qu’il y a beaucoup de choses qu’il nous reste à apprendre – et il y a d’autres choses qu’il nous reste à désapprendre. Connaître les bons noms, c’est une question de reconnaissance et de respect et je vous invite à embarquer dans ce processus d’apprentissage (ou de réapprentissage) des noms des Nations du territoire. Encore une fois, il n’est pas question d’humilier un mauvais usage, mais de réaliser que certains se réapproprient leur identité en retournant à des modes d’identification qui leur correspondent davantage. Et ça, Catherine Desjardins nous l’explique si bien.

[Rencontre avec Catherine, audio]

C’est pour cela qu’on entend de plus en plus « Anishinabeg » au lieu d’Algonquin, « Kanien'keha:ka » au lieu de Mohawk, « Wendat » au lieu d’Huron, de « Miq’maq » au lieu de Micmac. C’est pour ça qu’on ne dit plus Montagnais, mais bien « Innu » ou « Ilnu », et que de plus en plus de Cris utilisent le terme « Eeyou » pour s’identifier. C’est pour ça que « Wolastoqiyik » est un nom qui devient de plus en plus utilisé par ceux qu’on a appelé longtemps Malécites. Et oui, peut-être que dans un an, on aura une autre habitude à désapprendre et un nouveau nom à apprendre.

Mais il faut aller au-delà des idées préconçues : les Autochtones d’aujourd’hui ont un mode de vie moderne, tout en étant attachés à leurs traditions toujours vivantes. Dans une certaine mesure, on peut dire la même chose des Franco-ontariens, des Québécois, des Acadiens, des Franco-manitobains, des Fransaskois, etc. Toutes ces communautés ont des défis importants à relever, en lien avec l’histoire du pays.

Au 2e épisode, je vous ai partagé les mots de Bev Sellars, écrivaine et Cheffe de la nation Xat'sull. Elle nous rappelait que « L’île de la grande tortue était un monde vieux de milliers d’années où des centaines de cultures avaient flori avec leurs propres gouvernements et lois. » 

Le Dr. James Makokis, Cri nehiyaw de Onihcikiskwapiwin, la Nation crie de Saddle Lake, est un médecin de famille bi-spirituel reconnu dans le domaine de la santé transgenre et de la médecine traditionnelle nehiyaw (crie).

Il utilise une métaphore qui interpelle pour parler des mêmes dynamiques que Bev Sellars. Il nous dit qu’avant le contact, ces sociétés étaient des casse-têtes parfaitement imbriqués : des systèmes de lois solides; des systèmes de gouvernance, systèmes de médecine et systèmes d’éducation structurés et organisés de manière différente que ceux développés par les Européens. James Makokis explique que ces systèmes étaient (et sont) souvent liés à des espaces de transfert de connaissances, des chansons, des activités de groupe, l’immersion sur le territoire, etc. Le colonialisme a amené des politiques d’assimilation, la Loi sur les Indiens, l’imposition du patriarcat, la mise en réserve, les pensionnats, le vol des terres et des ressources, la criminalisation, l’interdiction des pratiques culturelles et spirituelles … bref, tous ces éléments historiques et actuels dont on a jasé depuis le début de la série. Tout ça a créé des déstabilisations importantes des structures sociales, économiques, politiques, spirituelles… L’image que James Makokis donne, c’est que le casse-tête parfaitement imbriqué a été jeté en l’air. Qu’aujourd’hui, les pièces sont éparpillées aux quatre vents et que les Autochtones des différentes Nations, aussi diversifiés soient-ils, tentent de les remettre ensemble. Que certaines des pièces sont perdues à tout jamais, et que parfois, il faut être créatif pour donner sens à ces trous. Qu’une force peut aussi être trouvée lorsqu’on rempli ces trous avec de nouvelles pratiques qui respectent une vision du monde holistique.

Gilbert Niquay, Atikamekw de Manawan, facilitateur à la vie étudiante autochtone au Collège Ahuntsic, et ancien intervenant en santé sociale dans sa communauté, nous parle de cette dynamique où la mise en réserve et l’imposition de catholicisme ont chamboulé les repères, les traditions et le mode de vie atikamekw. Dans sa communauté, ça s’est produit à l’époque où ses tantes, oncles et parents étaient enfants, donc c’est de l’histoire très récente. Et alors que le casse-tête a été jeté en l’air, certains se sont réapproprié l’expression de leurs traditions et de leur foi – où catholicisme et vision du monde atikamekw se côtoient.

[Rencontre avec Gilbert, audio]

On retrouvera Gilbert Niquay dans quelques épisodes, mais la résilience qu’il décrit ici est peu connue de la majorité des Québécois, et son témoignage nous permet de remettre en question beaucoup de nos idées préconçues.

Mais le fait d’avoir jeté le casse-tête métaphorique de James Makokis en l’air, et d’avoir démonisé les pratiques culturelles traditionnelles, ça a laissé d’importantes marques qui sont visibles aujourd’hui. Certains demeurent profondément méfiants à la pratique des cérémonies traditionnelles. Sabryna nous parle de l’étiquette de « traditionnaliste » qui lui est souvent apposée, et de ce qu’elle signifie dans sa communauté.

[Rencontre avec Sabryna, audio]

La tradition s’inscrit dans la modernité, tout comme la culture évolue à travers le temps et l’espace. L’essentiel demeure, la forme peut changer – son importance est sans contredit. J’ai justement demandé à Sabryna si elle avait des conseils pour les allochtones, pour justement adresser cette méconnaissance des réalités et des nuances, et apprendre à connaître les peuples autochtones qui vivent sur le territoire.

[Rencontre avec Sabryna, audio]

Simplement, si la tradition est pour survivre, elle doit s’adapter. Dans la pensée autochtone, on retrouve souvent la roue de la médecine, qui représente l’équilibre – et le besoin d’équilibre – entre les quatre directions, et diverses facettes de la création.

En introduction à chacune des BD-reportages qu’elle a produites sur l’utilisation des énergies vertes par les Premières Nations, Sabryna écrit ceci :

« Chez moi, à Wendake, notre société de masques de médecine divise le cercle de la vie en cinq parties dont quatre d’entre elles sont représentées par les couleurs suivantes : le blanc (le Nord), le rouge (l’Est), le jaune (le Sud) et le bleu (l’Ouest). Chaque division est également associée à diverses facettes de la création, dont le cycle de la vie, le cycle des saisons, le cycle lunaire, les quatre éléments de l’être humain (spirituel, physique, émotionnel et mental), les quatre herbes sacrées ou encore les quatre éléments de la terre. Tout cela nous rappelle que notre monde agit selon un mouvement circulaire. Enfin, la cinquième partie est représentée par notre cœur, situé au centre de la roue, puisqu’il est relié à toutes les composantes du cercle de la vie.

Selon la conception holistique des Premières Nations, il est important de protéger l’harmonie entre les quatre divisions de la roue de médecine puisqu’elles sont toutes interconnectées. […] Aujourd’hui, le centre de la roue est déséquilibré de sorte que l’on peut constater des symptômes de ce dérèglement comme la crise climatique. Et cela affecte, par le fait même, tous les êtres de la création.

Selon moi, les énergies vertes peuvent aider à rétablir l’équilibre naturel de ce cercle de médecine. Depuis quelques années, de plus en plus de communautés autochtones utilisent les énergies renouvelables. Gardiens du territoire depuis des millénaires, l’utilisation de celles-ci n’est qu’un prolongement de notre expertise en savoir-faire traditionnels en matière de préservation de notre environnement. Non seulement ces énergies renouvelables aident la terre, mais elles soutiennent également le développement socioéconomique des communautés par la réduction des inégalités en créant des emplois, une meilleure qualité de vie de la population grâce à des offres de services, notamment dans les milieux de la santé, de l’éducation et de la culture, etc. » (p.4-5)

Tout cela, dans l’optique de garantir un avenir aux sept générations futures. Vous pouvez retrouver ces bandes-dessinées en diverses langues autochtones et en français sur le site web de l’ l’Institut de développement durable des Premières Nations du Québec et du Labrador - IDDPNQL. Je vous mets le lien sur la page web de l’épisode, ainsi que l’illustration du cercle de la vie. Sabryna nous explique l’importance de la culture pour le développement durable.

[Rencontre avec Sabryna, audio]

Dans son roman Shuni, Naomi Fontaine, autrice innue, continue sa réflexion sur ce paradoxe entre tradition et modernité qu’on impose souvent aux personnes autochtones, et j’ai envie de conclure sur ses mots. Elle écrit :

« Tu vois Julie, la modernité avait déjà trouvé son chemin dans nos forêts. Tu me croiras si tu veux, mais la démocratie au lieu de la monarchie, l’égalité entre les hommes et les femmes, la liberté des êtres humains existaient déjà chez moi, depuis longtemps.

Mes ancêtres ont troqué des dizaines et des dizaines de fourrures de castors pour un seul fusil de chasse. Ils se sont procuré des casseroles en fonte dès qu’ils en ont eu l’occasion. Les toiles épaisses ont remplacé les peaux de caribous sur les tentes, une à une. […] Mes ancêtres, ceux qu’ils ont appelés Sauvages, n’ont jamais été contre le fait de faciliter leur mode de vie.

Ce n’est pas la modernité qui nous a presque tués. C’est l’idée impossible qu’une race puisse être supérieure à une autre. Ça, tu vois, même aujourd’hui, nous ne pouvons pas le concevoir. » (2017 p.60-61)

Ce que certains appellent « alliage entre tradition et modernité », d’autres l’appelleront simplement « culture » ou « identité ». Dans le fond, nos filtres d’analyse ne sont souvent pas adaptés pour comprendre différentes réalités. Je ne dis pas qu’ils sont complètement désuets, mais il y a beaucoup de variables et de nuances qui nous sont inconnues, et qui font qu’on arrive à des conclusions toutes croches.

Une partie du problème, c’est le manque de représentation des personnes autochtones dans le théâtre, les médias, la littérature ou le cinéma – et la quantité de clichés véhiculés lorsqu’elles sont finalement invitées à participer. Au prochain épisode, on parlera avec la cinéaste et réalisatrice du film Kuessipan (2019) Myriam Verreault de collaboration respectueuse. On échangera sur la responsabilité de diversifier le cinéma, mais aussi de raconter des histoires fictives nuancées et humaines, concernant des communautés longtemps mises sous silence, tout en évitant de tomber dans les clichés ou l’appropriation culturelle. Une partie de la réponse? « C’est d’avoir le goût de créer avec quelqu’un qui ne te ressemble pas ».

Note de la fin

Au courant des dernières semaines, vous avez été nombreux à nous écrire. Je suis touchée que ce balado se soit rendu jusqu'à autant d’oreilles, qu'il agrémente votre quotidien et qu'il résonne avec vos propres réflexions. Engageons-nous à nous éduquer humblement, à réfléchir sur les façons dont on peut faire partie du changement, et comme me l’a écrit l’un de vous « à semer des graines pour que la récolte soit fructueuse ».

Comme d’habitude, les différentes références abordées aujourd’hui se trouvent sur la page web de l’épisode. On a aussi une liste de suggestion de livres et de films dans notre banque de ressources sur osersenparler.ca/ressources (au pluriel) N’hésitez-pas à nous écrire, nous suivre, ou partager cet épisode. Au plaisir de se retrouver la semaine prochaine!

Références

03:20 – Citation tirée de Shuni (2019), un livre de Naomi Fontaine, p.60

09:00 – pour plus de contexte sur l’expression de la fierté identitaire autochtone sur TikTok :

11:55 – Mikana

13:55 – C’est pour cela qu’on entend de plus en plus Anishinabeg au lieu d’Algonquin, Kanien'keha:ka au lieu de Mohawk, Wendat au lieu d’Huron, de Miq’maq au lieu de Micmac. C’est pour ça qu’on ne dit plus Montagnais, mais bien Innu ou Ilnu, et que de plus en plus de Cris utilisent le terme Eeyou pour s’identifier. C’est pour ça que Wolastoqiyik est un nom qui devient de plus en plus utilisé par ceux qu’on a appelé longtemps Malécites.

14:55 – Enseigner notre passé colonial, avec Martine Robitaille (novembre 2020), épisode de balado Oser s’en parler,

15:00 – Citation de Bev Sellars, tirée de Whose Land Is It Anyway? A Manual for Decolonization (2018), publié par la Federation of Post-Secondary Educators of BC, p.6-8

15:00-17:00 –Tiré de la conférence de James Makokis Building an Amazing Life : Cree/Nehiyaw and Medicine Teachings, Canadian Education and Indigenous Self-Determinatio, tenue à l’Université d’Ottawa le 1er novembre 2019.

19:00 – Dans le documentaire d’Alanis Obomsawin en deux parties, intitulé L'histoire de Manawan (2009), l’aîné attikamek César Néwashish raconte l’histoire de la communauté de Manawan. Disponible sur le site de l’Office National du Film.

28:00 – pour du contexte sur « La crosse, ce sport autochtone devenu national » (décembre 2016), un texte de Jean-François Nadeau

29:00 – KWE! À la rencontre des peuples autochtones

33:30-35:30 – Citation tirée de Matakan : le projet Pisimw (2019),une bande dessinée de l’Institut de développement durable des Premières Nations du Québec et du Labrador (IDDPNQL) narrée par Sabryna Godbout, p.4-5.

35:50 – Livres multilingues de l’IDDPNQL (2019-2020)

39 :30 – Innu Meshkenu : la grande aventure du Dr. Stanley Vollant (2020), un livre virtuel de Stanley Vollant. / Puamun Meshkenu

42:50 – Citation tirée de Shuni (2019), un livre de Naomi Fontaine, p.60-61

44:45 – Citation tirée d’une entrevue de Myriam Verreault avec La Presse (janvier 2021).

À propos du balado

Oser s'en parler est un balado indépendant où on essaie de déconstruire le malaise et l'inertie allochtones et élever des voix autochtones. Ça peut être extrêmement confrontant de se pencher sur les façons dont on contribue, sans le savoir, à l'oppression de ceux qui habitent sur le même territoire que nous. Mais c'est justement pour ça qu'il faut se parler sincèrement entre "Blancs/ colons/ Canadiens", procéder à des introspections personnelle et collective, et changer nos comportements. Parce que le changement dit "systémique" ne se passera que si chacun de nous s'y met.

Trames sonores de cet épisode:

Dirty Wallpaper, Blue Dot Sessions (www.sessions.blue)
Kirkus, Blue Dot Sessions (www.sessions.blue)
Taoudella, Blue Dot Sessions (www.sessions.blue)
Gambrel, Blue Dot Sessions (www.sessions.blue)
Trailrunner, Blue Dot Sessions (www.sessions.blue)

Creative Commons license Attribution-NonCommercial 4.0 International (CC BY-NC 4.0)

Cercle de la vie

Source: Matakan : le projet Pisimw (2019),une bande dessinée de l’Institut de développement durable des Premières Nations du Québec et du Labrador (IDDPNQL) narrée par Sabryna Godbout, p.5.

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